Ce skateur de 40 ans a réussi un 3-6-flip devant sa conseillère Pôle Emploi

Morlaix - Anto, 40 ans, est skateur depuis l'âge de douze ans. À seize ans, il quitte l'école pour se consacrer à sa passion, il enchaîne les petits boulots à droite à gauche pour se payer de nouvelles chaussures toutes les trois semaines. À 31 ans, sa vie prend un nouveau tournant : il envoie chier le gérant du skateshop à qui il doit 2000 balles et réussit à convaincre sa mairie de créer un skatepark couvert dont il s'auto-proclame gérant à temps partiel et il parvient enfin à se trouver une copine majeure.

 

Les affaires vont bien, les subventions rentrent mais après quelques années, les difficultés apparaissent, ses premiers clients sont enfin majeurs et comprennent qu'ils n'ont aucun intérêt à traîner avec un mec qui leur ruine leurs relations avec les magasins de skate de la ville. Jérémy, 21 ans, précise que "c'est pas contre lui mais au final c'est un sale con qui nique les relations entre les gens juste pour toucher du pognon dans son putain de skatepark, et quand ça lui a explosé à la gueule il a créé son association de skate pour des gosses, ce qui aurait pu marcher si tous les mecs plus expérimentés avaient été motivés à lui filer un coup de main au lieu de faire tourner l'économie et d'attirer des gens pas trop cons."

 

Son affaire coule, on murmure que le skatepark va être repris par des gens passionnés, et Anto se retrouve sans emploi après une discussion à la mairie qui tourne au vinaigre lorsqu'il traite le maire de "sale poseur de merde."

 

Il contemple de loin ses anciens camarades qui réussissent, réalisent des films sur son ancienne passion et ont des amis. Mais il lui reste un atout : sa board.

 

Avec son expérience de blaireau talentueux et ses tricks, il prend un rendez-vous au Pôle Emploi de sa ville et entend bien décrocher un job de manager dans un fast-food ou des subventions pour créer une association de soutien aux victimes de la loyauté dans le monde du skate.

 

Josianne Le Rest, sa conseillère, semble dubitative lorsqu'elle le rencontre mais après un quart d'heure, son opinion change complètement. En effet, Anto vent de rentrer un magnifique 360 flip, aussi appelé 3-6-flip, devant elle.

Il n'est pas peu fier.

 

"J'ai popé comme un porc, j'étais à au moins 80cm du sol, le tréflip parfait, propre, rentré comme papa dans maman. Magnifique."

 

Josianne constate qu'il a atterri sur son bureau et défoncé son ordinateur mais Anto est optimiste. Elle lui demande de partir et de reprendre rendez-vous quand il sera disposé à discuter plus calmement, ce qu'Anto semble bien prendre :

 

"Je comprends, après un tel exploit elle devait me kiffer et pas savoir quoi dire. J'espère que cette grosse pute me donnera ce que je veux."

 

Une semaine plus tard, le jeune vieux attend son RSA, des amis et une date pour un rendez-vous qui à n'en pas douter changera sa vie.

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