Audiotist, la musique idéale pour réaliser un génocide dans la bonne humeur

Si la musique que vous écoutez relègue la seconde guerre mondiale au rang de berceuse, si vous buvez du napalm pour ne pas oublier votre haine de l'existence, votre nouvelle arme s'appelle Audiotist

Du haut de ses 29 ans, l'artiste belge mixe et remixe des morceaux à mi-chemin entre Breakcore et bombe H, l'idéal pour vous motiver à exploser la tronche de votre voisin au clair de lune (sauf si après ça vous écoutez son autre projet, Deidream).

Nous avons pu interviewer Audiotist sans devoir tuer personne d'après la version officielle : 

 

AL: Quel est ton meilleur souvenir en tant qu'artiste ?

 

Audiotist: Ma meilleure expérience a été à Steegske, c'est à Gent, une formidable scène dans une ruelle sombre et sale. C'est là que j'ai eu mes fêtes les plus mémorables, avant même d'y jouer.

Après quelques années j'ai eu l'occasion de faire mon premier live, puis d'autres, avec la plupart du temps une foule complètement timbrée jusqu'au lever du jour, qui a remis ça 24h supplémentaires. C'est là, je pense, que j'ai pu faire un peu parler de moi.

En dehors de ça j'ai aussi vraiment aimé mes gros concerts, ça m'a permis de voyager. Je n'aurais pas pu voyager autant sans la musique. Chaque voyage est un peu comme un cadeau, voir des gens danser en écoutant mes sons en Lituanie, en Allemagne, en France, ou au Royaume-Uni c'est quelque chose d'incroyable pour moi !

Je dirais aussi que le Balter Festival et la centième édition du Bangface Weekender ont été mémorables pour moi.

 

AL : Où trouves-tu toute cette violence ?

 

Audiotist: En général dans ma tête. La musique, c'est un peu ma thérapie. Je suis influencé par beaucoup de genres, mais quand je ne découpe pas des morceaux pour les retravailler j'y vais au feeling. Je n'ai jamais appris à lire une partition, j'ai jamais lu quoi que ce soit en musicologie, j'aurais peut-être dû.

J'adore remixer les morceaux que j'écoute depuis des années, passer des plombes à chercher la mélodie idéale, placer un kick, un break, des coupures, etc. Mon plus gros problème, c'est de finir les morceaux. Je suis facilement distrait et encore plus facilement insatisfait.

Dans tous les cas, je dirais que mes morceaux représentent le chaos qu'il y a dans ma tête avec une touche de Borderline et de syndrome de la Tourette.

 

 

AL: Qu'est-ce qui t'a poussé à commencer Deidream ?

 

Audiotist: Ça a d'abord été une forme de remerciement adressé à la personne qui m'a fait aimer le genre, Deidre.

J'ai toujours fait d'autres trucs que du hardcore, du breakcore depuis Audiotist. J'écris pas mal de paroles, je passe des heures à essayer des breaks, à faire du LSDJ, à caler des instruments ou des sons de jouets (Gameboy, etc). Mais ça ne me satisfait jamais autant que faire du Audiotist, et en général ce que je fais en dehors d'Audiotist, j'ai tendance à moins l'aimer.

J'ai commencé à utiliser plus de Gameboys pour mes morceaux et là je bosse sur un projet un peu particulier entre IDM et break, je ne sais toujours pas comment l'appeler. J'en ai pas fait grand chose en 4 ans, juste joué quelques morceaux sur scène en Belgique.

J'avais un album dispo gratuitement chez Breakcore Gives Me Wood l'an dernier (Deidream - A.M. ) et les projets s'entassent mais je vais jouer du Deidream le 22 octobre à Berlin, ça sera une première pour moi.

 

AL: Donc tu as pas mal de plans pour les prochains mois. D'autres projets ?

 

Audiotist: Beaucoup de projets ouais, et j'en aurais encore plus si j'avais le temps. J'avais un groupe de hip hop flamand nommé Trisomie, c'était sympa, et depuis l'an dernier j'ai un projet avec Wan Bushi qu'on a appelé Circus Brekovic. Ce mec est un peu une espèce de samuraï bizarre avec un tas de super morceaux, on a sorti nos premiers morceaux chez Erisian Records cette année.

Je bosse aussi avec R-MIT un belge hyper doué qui fait du breakcore et de la chiptune. On bosse sous le nom de Yurei et on a des morceaux qu'on devrait sortir bientôt mais comme pour le reste, j'ai aucune date précise.

Mes plans pour les mois à venir sont de bosser comme un porc et, si je peux, de faire quelques lives.

J'ai un boulout à temps plein, je suis pas DJ de métier donc j'ai un emploi du temps. En plus je suis nul en planification.

Généralement c'est d'autres amis qui se chargent de tout prévoir pour moi, et là ce qui est prévu c'est qu'en octobre, 

il y aura 2 lives d'Audiotist et un de Deidream à Berlin, pour le Trash n core et Rave against the machine.

En novembre je jouerai du Audiotist et du Circus Brekovic à Hambourg, et peut-être une fois encore pour Breakcore Gives Me Wood en Belgique. Je sais pas encore ce que j'y jouerai, peut-être du Deidream.

 

 

AL: Tu penses quoi de l'industrie musicale en ce moment ?

 

Audiotist: Je m'en tape parce que j'estime que j'en fais pas partie. Certaines personnes que je connais me voient comme un DJ ou un producteur mais je ne me vois pas comme tel.

Chacun peut faire ce qu'il ou elle veut, je m'en branle. J'aime pouvoir faire librement ce que je veux, c'est tout.

J'aime mon indépendance, et ça m'arrange de ne bosser pour aucun label important, même si j'aimerais bien sortir certains de mes meilleurs morceaux sur vinyle, je sais pas si ça craint.

 


Une chose est sûre, je suis nul à chier quand je dois faire ma promo. Je spamme pas les gens, j'ai pas envie de payer pour promouvoir mon taf, contrairement à d'autres qui font que ça.

C'est sûr que plus tu as de retours, de likes ou autres plus t'as de gens qui vont s'intéresser à ce que tu feras par la suite mais j'aime aussi savoir que des fans me trouvent par hasard et font écouter ma musique à leurs potes sans que je fasse de pub. J'ai horreur de me vanter, donc pas de pub.

Les 3 labels à qui j'ai envoyé mes morceaux au cours des 5 dernières années ont jamais répondu, et c'est sans doute tant mieux.

Quand je publie chez un label, c'est parce qu'on me demande de faire un truc en particulier, je dis rarement non mais je mendie pas chez eux quand ils me demandent rien.

Peut-être que j'ai juste peur qu'ils refusent, j'en sais rien, peut-être que je m'en tape vraiment et que je me fous d'être célèbre et de gagner ma vie comme ça. J'ai des fans qui aiment ce que je fais sans tout ce bordel de publicité, et de toute manière j'estime que ce que je fais mérite pas qu'on en fasse tout un flan.

Pas mal de mes morceaux sont dispos en téléchargement gratuit sur mon Bandcamp, peut-être que si un jour j'ai du fric je sortirai des vinyles ou des cassettes mais je le ferai avant tout pour moi. :)

 

AL: Si tu pouvais détruire un truc, ce serait quoi ?

 

Audiotist: Le monde, après l'avoir conquis avec Pinky and the Brain.

 

 

AL: Quels autres artistes écoutes-tu ?

Mes préférés dans le hardcore le breakcore ou le terror doivent être Rainbow Ejaculation, Toecutter,Society Suckers, Rotator, Somatic Responses, Droon, Wan Bushi, Mr Bad Monkey, Tinkers ,Venetian Snares, Tripped, Stazma , Drokz, Noisekick , Ruby My Dear, Igorrrrrr ,...

D'autres qui me plaisent sont Salut c’est cool, Dirty Dike, Jam Baxter, Ocean Wisdom,

 


Eminem, Opgezwolle, Fresku, Necro, KNO, Ludovico Einaudi , Nils Frahm, Slipknot, Deftones, Radiohead, Frenzal Rhomb, Son Lux, Dirty Dike, Eddy Wally, Screamerclauz, Nasenbluten, Gabber Piet, Zjef Vanuytsel, Boudewijn De Groot, Het Zesde Metaal,...

 

Je pourrais continuer des heures, y en a beaucoup.

 

 

AL: Tu viens par chez nous quand ?

 

Audiotist: Des fois je me réveille et j'ai aucune foutue idée d'où je suis, donc aucune idée mais on verra bien.

Pour le moment j'ai rien de prévu sur Graz :)

 

 

AL: Ta musique rend les gens joyeusement violents, ça te fait quoi ?

 

Audiotist: Ça me rend violemment content !! J'avais jamais pensé que des gens aimeraient vraiment ma musique, je fais pas ça en voulant désespérément jouer devant un gros public, ou de satisfaire des attentes. J'aime jouer mes morceaux et si des gens dansent, ça me va.

De temps en temps j'ai des retours super sympas et quand des gens pigent comment je me sens en faisant mes morceaux j'ai envie de faire du Audiotist pour eux.

 

 

AL: Dans une interview avec Solid Sound FM tu dis ne sortir un morceau que lorsque tu sens qu'il est pas mal. Tu veux dire que TU le trouves pas mal ou que d'autres aimeront ?

 

Audiotist: Je sais jamais si le public va aimer et j'ai fait tellement de trucs différents que je sais pas ce que les gens préfèrent dans mon travail, je sais pas ce qu'ils attendent. Je suis très autocritique dont je sors peu de morceaux mais j'en ai plein en stock. Je fais juste jamais une chanson en pensant à une foule en délire. La plupart du temps, faut qu'un ami me dise que c'est pas mal et ensuite seulement je vois ce que ça donne sur Soundcloud. Et si les gens aiment, j'ai du bol.

 

 

AL: Insulte qui tu veux.

 

Audiotist: J'emmerde Trump, Kanye West , Rihanna et Lukaku. 

Oh, et les politiques et les religions, Amen!

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