Incroyable ! Cet homme joue de l'accordéon et a tout de même des amis.

Il est hollandais, il est barbu, il a une tête à obtenir la perpétuité sans torturer qui que ce soit: Alexander Schoemaker est au premier abord un personnage étrange.

 

Mais le plus étrange, c'est son don incroyable. Il joue de l'accordéon depuis des années et semble malgré tout avoir réussi à garder des amis.

Drogue, sorcellerie ou ruse ? Le musicien cache bien ses secrets mais a tout de même accepté de répondre à nos questions sans nous forcer à l'écouter jouer de son instrument du démon.

 

AL : Qu'est ce qui t'a poussé en premier lieu à préférer l'accordéon à une vie sociale ?

 

Alexander : J'ai commencé à en jouer vers 17 ans. Ce n'était pas vraiment un choix conscient, j'avais déjà joué du piano pendant six ans et mon dos souffrait de devoir se coltiner le steinway. Et puis j'avais déjà peu d'amis. On a tendance à en avoir peu quand on fait souvent tomber son piano sur les gens par mégarde.

 

AL : Au moins tu es lucide. Quand as-tu décidé de faire plus ou moins revivre la musique folk telle que tu l'aimais ?

 

Alexander : J'en ai toujours écouté donc je n'avais pas vraiment conscience qu'elle renaissait plus ou moins. Si j'en avais eu conscience j'aurais peut-être choisi autre chose. J'essaie de ne pas tomber dans le mainstream mais bon, si on n'est pas mainstream le mainstream finit parfois par nous rattraper.

 

AL : Donc en bref tu deviens mainstream mais pour une bonne raison, puisque les gens finissent par aimer. Quoi de prévu cette année ?

 

Alexander : Plus ou moins comme chaque année : entre 100 et 150 concerts, soit je suis en solo soit j'accompagne des chants de marins et entre deux concerts, j'essaie d'être aussi flemmard que possible. Cette année il y a tout de même une différence : je sors un album sur lequel j'ai bossé des années. Deux des chansons nécessitent quelques retouches mais le plus gros est fini et une partie est déjà disponible sur le net.

 

AL : L'industrie de la musique, ça te fait quoi ? Tu es libre d'insulter Kanye West.

 

Alexander : En fait j'adore qu'elle soit dans la merde. Avec internet, beaucoup de gros labels se plaignent et leurs revenus s'effondrent, ce qui en un sens a rendu ce business plus démocratique : ceux qui bossent et ont un réel talent ont de nouveau une chance de se faire connaître, de faire des concerts...

Je n'ai pas réussi à inculre Kanye dans mon raisonnement mais en une phrase, voici ce que j'en pense : son égo est inversement proportionnel à son talent.

 

AL : C'est assez inattendu comme réponse et ça laisse à réfléchir. Sinon, comment ça va ?

 

Alexander : Je me sens nocif, rancunier, enragé et désagréable. Donc au moins aussi bien que d'habitude.

 

AL : Quelque chose à ajouter ?

 

Alexander : Ceux qui ont la chance de ne pas vivre aux Pays-Bas n'ont sans doute jamais entendu parler de Shirma Rouse. Ils ne connaissent pas leur bonheur. Ni leur chance. N'essayez jamais de savoir qui c'est.

 

AL : Ah l'enfoiré !

 

Alexander : Je te déteste aussi.

Alexander forme avec Hans Libbers le groupe Biester, dont l'album sortira sous peu. Nous le retrouverons également en live dans le courant de l'été.

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