Croyant tabasser un réfugié, il pète la gueule à son patron

Coup dur pour Nicolas*, employé d'une grande entreprise munichoise. Il est responsable marketing, mais surtout nationaliste très engagé pour la survie de son pays. Il décrit son loisir comme « niquer leur races à des arabougnoules, pour protéger une nation remplie de parasites qui volent nos emplois et ne travaillent pas. »

 

Hier matin, alors qu'il déambule dans les couloirs après sa troisième pause café de la journée, il bute dans un homme qu'il ne parvient pas à identifier. Estimant donc que l'homme est étranger à l'entreprise, il lui demande ce qu'il fait là. 

L'individu lui répond d'une voix teintée d'un fort accent arabe. Alors, n'écoutant que son amour de la patrie, Nicolas ne peut se retenir et « lui défonce bien sa gueule ».

Alors que Nicolas est en train d'envoyer des coups de pied dans les côtes de l'homme, déjà tombé à terre, la voix d'un collègue lui crie d'arrêter. On l'éloigne, on le retient, et il ne faut que quelques minutes pour qu'il se retrouve au commissariat le plus proche.

 

Nicolas apprend alors que l'homme qu'il a frappé est en fait le président-directeur-général de sa société. Face aux médias, il emploie des mots simples pour justifier son geste : « je pouvais pas savoir que c'était mon patron. Il avait quand même une sacrée gueule d'arabougnoule. Et il parlait comme un arabougnoule. Alors j'ai cru que c'était un des leurs, et qu'il venait pour me voler mon travail. Mais c'est mon patron, donc j'ai du me tromper, ça doit pas être un arabougnoule. Même si maintenant j'ai plus de travail, et si ça se trouve il a mis un arabougnoule à ma place. »

 

Un incident regrettable, qui montre la discrimination dont sont victimes ceux qui ont le soin de veiller à l'intégrité de leur nation.

 

*prénom d'emprunt

 

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