Chine - L'âge du départ à la retraite reculé à 19 ans

Pékin - Depuis hier, la colère gronde au sein des ouvriers. Weimin Yin, le ministre de l'emploi et de la protection sociale, a annoncé que son ministère et celui de l'éducation étaient arrivés à un accord concernant le recul de l'âge du départ à la retraite à 19 ans. Guiren Yuan, en charge de l'éducation, semble assez fier de cette mesure et la justifie entre autres par une légère augmentation de l'espérance de vie mais surtout par des motifs économiques et humains :

 

"Nos ouvriers de chez Nike et autres entreprises étrangères qui viennent chez nous pour employer du bridé à moindre coût commencent à travailler vers huit ans. Jusqu'à présent, l'âge de la retraite était fixé à seize ans, soit huit années de travail en entreprise avant un départ à la retraite dans nos rizières. C'est court, très court, trop court. Ça ne garantit pas que nos jeunes en ressortent formés et expérimentés, et ça ne leur assure pas une retraite confortable.

En reculant l'âge de la retraite à 19 ans, les ouvriers pourront percevoir une pension mensuelle de 100 Yuans*. Nous faisons cela pour le bien de nos ouvriers et pas uniquement parce que la natalité est en baisse parce qu'on y est allé trop fort sur les limitations."

 

La classe ouvrière ne semble pourtant pas vraiment satisfaite. Tchong Yun, 13 ans, est employé dans une fabrique de tapis depuis ses sept ans :

 

"J'ai choisi de commencer à travailler plus tôt, ce n'est pas pour finir plus tard ! J'en ai assez de ces mesures dictatoriales communistes, je comptais prendre ma retraite à 15 ans et pouvoir profiter une ou deux semaines de mes économies. Si je pars à la retraite à 19 ans non seulement je n'aurai plus le temps de me reposer mais j'aurai du retard par rapport aux autres qui passent leur retraite dans les rizières et j'aurai un moins bon poste. J'ai pas envie de récolter du riz rond toute ma vie, je mérite une qualité digne d'un basmati."

 

L'ONU n'a pas pu rester muet devant une telle entorse à la déclaration des droits de l'homme, et si l'emploi d'enfants était jusqu'ici toléré pour des raisons purement pragmatiques, les états membres refusent de fermer les yeux sur des vétérans maltraités.

 

*environ 14 euros

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