Horrible ! Cet homme s'appelle Jorris depuis plus de trente ans.

Les maladies orphelines font parler d'elles malgré leur faible impact, mais on oublie trop souvent d'autres fléaux qui frappent une communauté très réduite.

 

Nous avons rencontré un homme à Saint-Malo dont la vie n'est pas banale. Il a un emploi, vit seul et fait du sport. Mais son secret l'empêche de vivre la moindre relation amoureuse ou de garder ses amis longtemps : il s'appelle Jorris, et ce depuis trente-deux ans.

Il a accepté de nous recevoir chez lui, où il nous a expliqué sa souffrance : 

 

"Je suis né en 1983. A l'époque déjà, nous étions des cas rares. Depuis les années cinquante, il n'y avait guère plus de trente Jorris en France et le prénom avait presque disparu en 1974. Mais voilà : en 1975, dix nouveaux cas sont répertoriés, en 1983 je deviens le soixantième Jorris du pays. Pas Joris, pas Jorys, Jorris. La forme la plus grave et la plus difficile à traiter du prénom. Dès lors, ma vie a été un enfer. Aucun ami, en plus j'avais un cheveu sur la langue qui m'a valu le surnom de Voriffe jusqu'à l'adolescence. J'ai toujours utilisé mon second prénom en parlant aux femmes. Hélas, Kévin ça n'a que peu de crédibilité. 
J'ai un travail. Je suis comptable, et c'est sans doute le moins atroce dans ma vie. J'ai beau me dire tous les jours qu'il y a pire, l'holocauste par exemple, parfois je ne sais plus quoi faire."

 

C'est non sans verser une larme que nous vous informons que depuis deux mois, Jorris est en dépression.

Jorris, c'est un prénom qui touche aujourd'hui une centaine de personnes dans l'hexagone, autant de victimes sans avenir que de gens dont vous, lecteurs, pouvez parler à vos proches.

Nous comptons sur vous.

 

La rédaction.

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