Il oublie de changer d'heure et se condamne à vivre dans le futur jusqu'en mars.

Ce dimanche, à trois heures du matin les français reculaient leur montre d'une heure. La démarche semble simple, anodine, sans danger et pourtant la vie de Jean-Michel Haucloque est aujourd'hui l'exemple même du destin tragique qui attend ceux qui prennent le processus à la légère.

 

Samedi à vingt-trois heures, Jean-Michel se dit "je changerai d'heure dimanche dans la matinée, ça devrait aller..." et s'endort, serein.

Lorsqu'il se réveille, il est seul, voit l'heure et surprise : il lui est impossible de reculer sa montre efficacement.

L'homme décide alors de laisser des messages écrits à l'intention du reste de la France, qui ne les lira qu'une heure après. Dans sa première lettre il nous met en garde :

 

"Le futur est vide, froid, pas prêt à recevoir l'humanité une heure trop tôt. La faim me ronge, même les fruits ne sont pas encore mûrs-à une heure près.

Je mérite mon sort. J'ai voulu être plus malin que le temps, et me voici condamné à errer dans des ruelles parisiennes seul et sans la moindre défense en cas d'incident spatio-temporel."

 

Des parisiens retrouvent une lettre toutes les trois heures depuis hier matin, la situation du quadragénaire devient inquiétante.

 

"Je vois des formes, je vois ce que je peux empêcher de se produire, j'ai même laissé un mot devant les locaux de Météo France. Je crois que je vais de plus en plus loin dans le futur, j'en suis à une heure quatre d'avance et ça semble se stabiliser. Pourvu que ça dure.

Je suis terrifié.

Méfiez-vous du changement d'heure, ce complot méridien nous perdra si nous ne sommes pas plus méfiants. Tout ce que je peux faire ici, c'est voir marcher, manger quelques fruits pourris et attendre. Le sexe commence à me manquer, en revanche TF1 ne m'a plus manqué au bout de huit minutes."

 

Dans la dernière lettre retrouvée, Jean-Michel recommande à tous la plus grande prudence le 28 mars, date à laquelle la France re-passera à l'heure d'été, et Jean-Michel espère bien être de retour ce jour-là.

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